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Conférence de presse du 29 mars 2017 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2017/03/29

Q : Un ressortissant chinois a été tué par balle par un policier en France. Les autorités françaises ont fait savoir qu’une enquête est en cours et que la sécurité de la communauté chinoise est une priorité pour elles. Êtes-vous satisfait de cette déclaration ? Est-ce que la Chine soutient les associations de la communauté chinoise en France dans leur manifestation de protestation en réaction à cette affaire ?

R : Merci au journaliste de l’AFP d’avoir posé cette question. Ces derniers temps, le Ministère des Affaires étrangères et notre Ambassade en France restent constamment en communication étroite avec les autorités françaises concernées sur cette affaire que suivent de très près les Chinois et les Français.

Le 28 mars, des responsables du Département des Affaires consulaires du Ministère des Affaires étrangères et de notre Ambassade en France ont fait des représentations d’urgence respectivement auprès des responsables de l’Ambassade de France en Chine, du Ministère de l’Intérieur et de la police française pour exprimer la forte préoccupation de la Chine et demander aux autorités françaises de mettre au plus vite toute la lumière sur cette affaire et de publier le résultat de l’enquête. Nous espérons que le gouvernement français témoignera de la compréhension vis-à-vis de la réaction des ressortissants chinois sur cette affaire, fera preuve de retenue, évitera de nouveaux heurts susceptibles d’entraîner l’escalade de la situation et répondra activement aux revendications raisonnables des personnes concernées. Nous souhaitons que la partie française prenne effectivement des mesures efficaces pour assurer la sécurité et les droits et intérêts légitimes des ressortissants chinois en France.

Les responsables des Ministères français des Affaires étrangères et de l’Intérieur ont fait savoir qu’ils prenaient très au sérieux cette affaire, termineraient au plus vite les procédures d’enquête et feraient toute la lumière sur l’affaire dans les meilleurs délais. Selon les informations communiquées par la partie française, le policier concerné a été suspendu de ses fonctions et mis en examen, et la plupart des personnes qui s’étaient arrêtées pour avoir eu des heurts avec la police lors d’un rassemblement ont été libérées.

Nous avons également pris note de la déclaration du porte-parole du Ministère français des Affaires étrangères. Selon lui, la partie française a ouvert une enquête et la sécurité des ressortissants chinois en France est une priorité des autorités françaises. Et le gouvernement français a pris des mesures renforcées ces derniers mois pour accueillir les ressortissants chinois dans les meilleures conditions et dans la plus grande sécurité.

Notre Ministère et notre Ambassade en France continueront à suivre de près l’évolution de l’affaire et exhorteront la partie française à la gérer adéquatement. Dans le même temps, nous continuerons à demander aux ressortissants chinois en France de défendre leurs droits dans le respect de la loi et de manière rationnelle.

Q : Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait savoir le 28 mars que la Russie s’oppose comme la Chine au déploiement du système antibalistique américain en République de Corée et que le renforcement par les États-Unis des capacités de leur système antimissile et le déploiement du système THAAD auraient un impact négatif sur la sécurité régionale. Le même jour, l’armée chinoise et l’armée russe ont tenu à Genève la deuxième réunion d’information conjointe sur la question antimissile à Genève et ont marqué leur position commune sur cette question et le système THAAD. La Chine pense-t-elle aussi que le déploiement du système THAAD par les États-Unis en République de Corée a pour objectif de renforcer leurs capacités antimissiles dans le monde ?

R : Le gouvernement chinois est toujours d’avis qu’il faut être prudent sur la question antimissile, car cela concerne la stabilité stratégique mondiale et la confiance réciproque entre les grands pays. Les différents pays doivent non seulement tenir compte de leurs propres intérêts sécuritaires, mais aussi respecter les préoccupations légitimes des autres pays en matière de sécurité et se conformer aux principes du maintien de la stabilité stratégique mondiale et d’une sécurité non diminuée pour tous, afin de préserver ensemble un environnement sécuritaire mondial de paix, de stabilité, d’égalité, de confiance réciproque et de coopération gagnant-gagnant. L’engagement unilatéral d’un pays quelconque dans la recherche de sa propre sécurité absolue et dans le renforcement du déploiement de son système antimissile dans le monde entier aura pour conséquence inéluctable d’entraver fortement le processus de désarmement nucléaire, de provoquer la confrontation et voire la course aux armements et de nuire à la stabilité et à l’équilibre stratégiques régionaux et mondiaux.

Le gouvernement chinois s’oppose depuis toujours à l’installation dans la région du système de défense antimissile de théâtre. Le déploiement du système THAAD en République de Corée fait partie des efforts des États-Unis visant à renforcer le système antimissile dans le monde et met en jeu la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est. À vrai dire, il est fort regrettable que des pays concernés de la région soient entraînés dans un processus de destruction de l’équilibre stratégique régional. Nous demandons encore une fois aux parties concernées de cesser immédiatement le processus de déploiement en tenant pleinement compte des préoccupations sécuritaires légitimes des pays de la région dont la Chine et de leurs propres intérêts fondamentaux.

Q : Hier, l’Ambassadeur de Chine en Australie s’est entretenu avec la Ministre des Affaires étrangères du pays Julie Bishop au sujet de la non-ratification par l’Australie du Traité d’extradition sino-australien. Selon des médias australiens, lors de l’entretien, l’Ambassadeur de Chine s’est dit déçu par la décision australienne. Pourriez-vous le confirmer et donner plus de détails ?

R : En fait, le Traité de l’extradition sino-australien a été conclu il y a 10 ans en 2007. Ratifié par la Chine en avril 2008, ce traité n’est toujours pas ratifié par l’Australie. Comme nous l’avons déclaré ouvertement, l’entrée en vigueur rapide de ce traité offrira une garantie institutionnelle aux deux pays pour qu’ils luttent ensemble contre la criminalité transnationale et leur permettra de promouvoir la coopération judiciaire et en matière d’application de la loi. Cela est dans l’intérêt des deux pays.

À l’heure actuelle, les relations entre la Chine et l’Australie se développent dans d’heureuses conditions et leur coopération pragmatique progressent à pas assurés dans différents domaines. Nous espérons que l’Australie pourra, en partant des relations et des intérêts communs des deux pays, continuer à faire avancer les procédures internes en vue d’une entrée en vigueur rapide du traité et à faire le maximum pour que la coopération bilatérale apporte des bénéfices tangibles aux deux peuples.

Q : Concernant le procès intenté par des Américains d’origine japonaise de Los Angeles en vue du retrait par le gouvernement local d’une statue de femme de réconfort, la Cour suprême des États-Unis les a débouté de leur appel le 27 mars. Et l’avis juridique que le gouvernement japonais avait déposé a été rejeté directement sans examen. À ce sujet, le Secrétaire général du Cabinet du Japon Yoshihide Suga a fait savoir que le Japon le regrettait énormément et continuerait à faire des explications adéquates sur la question des femmes de réconfort en vue d’une compréhension juste. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons pris note des informations concernées et nous saluons le verdict. Le recrutement forcé des « femmes de réconfort » constitue un crime terrible contre l’humanité commis par les militaristes japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, infligeant de profondes souffrances aux peuples des pays asiatiques victimes. Les preuves en sont irréfutables et irrécusables. À notre avis, sur les questions historiques, le Japon n’a toujours pas une attitude correcte et fait même obstacle aux actes justes de la communauté internationale, ceci même appelle une haute vigilance de la communauté internationale.

Q : Le 27 mars, une femme venue probablement de Taiwan a été autorisée à entrer sur le sol japonais à l’aéroport de Tokyo-Haneda en présentant un passeport avec l’étiquette « République de Taiwan ». Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Le porte-parole du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’État a répondu à cette question du point de vue des relations inter-détroit.

Concernant le Ministère des Affaires étrangères, je tiens à dire que le gouvernement chinois s’oppose à tout acte visant l’« indépendance de Taiwan », quelle qu’en soit la forme. S’en tenir au principe d’une seule Chine, tel est un consensus de la communauté internationale. Si un pays voulait se livrer à un petit manège sur cette question, il se mettrait en contradiction avec le consensus dominant dans la communauté internationale. À cet égard, le peuple chinois reste très vigilant. La Chine a déjà fait des représentations auprès des autorités japonaises en leur demandant d’honorer leur engagement et de ne laisser aucune chance à toute tentative des indépendantistes de Taiwan.

Q : Après la réunion informelle des dirigeants de l’APEC de 2014, le Président chinois Xi Jinping et le Président américain de l’époque Barack Obama ont conclu un accord sur le changement climatique avec l’objectif de réduire de près d’un tiers les émissions de gaz à effet de serre pour les 20 années suivantes. Hier, le Président Donald Trump a signé un décret abrogeant la plupart des politiques sur le changement climatique adoptées par son prédécesseur, laissé les gens douter de la capacité des États-Unis d’atteidre ces objectifs. Si les États-Unis n’y arrivent pas, la Chine va-t-elle y travailler seule, ou va-t-elle persuader les États-Unis de prendre des mesures fortes face au changement climatique ? Est-ce un sujet de la prochaine entrevue des Chefs d’État chinois et américain ?

R : Sur l’entrevue entre les Chefs d’État chinois et américain, je n’ai pas d’information à vous communiquer.

Sur le changement climatique, nous avons aussi pris note des informations concernées. C’est un défi pour toute l’humanité. L’Accord de Paris, qui est un jalon dans le processus de lutte contre le changement climatique, reflète le plus large consensus de la communauté internationale et permet au monde de franchir une nouvelle étape historique vers le développement vert. Cet accord est le fruit d’énormes efforts. Pour y parvenir, les membres de la communauté internationale, y compris la Chine et les États-Unis, ont dégagé une haute convergence, joint leurs efforts et apporté une contribution active. Nous estimons que toutes les parties doivent suivre la tendance de notre époque, saisir les opportunités, honorer leurs engagements et agir effectivement et activement pour promouvoir ensemble la mise en œuvre de cet accord.

Vous l’avez peut-être remarqué, le Président Xi Jinping a indiqué dans son discours prononcé à l’Office des Nations Unies à Genève en janvier dernier que la Chine continuerait à lutter contre le changement climatique et à s’acquitter de la totalité de ses obligations. Quel que soit le changement de la politique climatique des autres pays, la Chine, en tant qu’un grand pays en développement responsable, maintiendra son engagement, son ambition, ses politiques et ses actions. Nous sommes disponibles comme toujours à travailler ensemble avec les différents acteurs de la communauté internationale pour renforcer le dialogue et la coopération, faire progresser le processus mondial de lutte contre le changement climatique et promouvoir dans le monde un développement vert, sobre en carbone et durable, en vue de bâtir un avenir plus radieux aux générations futures.

Q : Hier, il y a eu des tensions dans l’usine à New Delhi du fabricant chinois de téléphone mobile OPPO. Les employés indiens ont protesté contre la profanation de drapeau national. La police indienne a fait savoir qu’elle enquêtait sur l’affaire. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons pris note des informations concernées. À ce que je sache, l’usine est en contact avec la police locale. Nous espérons que l’affaire sera réglée adéquatement et rapidement. Le gouvernement chinois demande toujours aux entreprises et travailleurs chinois de respecter la loi, les us et coutumes des pays où ils opèrent. Dans le même temps, nous espérons également que les pays d’accueil pourront protéger selon la loi les droits et intérêts légitimes des entreprises et travailleurs chinois.

Q : Aujourd’hui, le porte-parole du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’État a réagi à l’enquête menée sur l’habitant de Taiwan Li Mingzhe par les autorités de la partie continentale de la Chine. Savez-vous quel est le département en charge de l’enquête et où se trouve Li Mingzhe ?

R : Cette question ne fait pas partie de la diplomatie. Toute affaire impliquant la partie continentale, Hong Kong, Macao et Taiwan relève des affaires intérieures de la Chine, et n’est donc pas le domaine de compétence du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères.

Q : Selon des médias malaisiens, le corps de Kim Jong-nam sera acheminé jeudi à Macao. Pourriez-vous le confirmer ? Est-ce que la Chine est en contact avec la Malaisie sur cette affaire ?

R : Je ne suis pas en mesure de le confirmer. Pour le gouvernement chinois, nous espérons que les parties concernées pourront régler adéquatement cette affaire par concertation amicale.

Q : Le Conseiller de Sécurité nationale du Président philippin a fait allusion, aujourd’hui lors de son audition au parlement, à d’éventuelles recherches scientifiques chinoises sur le plateau de Benham. Alors que selon la Chine, il ne s’agit que d’un passage inoffensif d’un bateau de recherche scientifique. La Chine a-t-elle obtenu l’autorisation pour mener des recherches scientifiques dans les eaux du plateau Benham ? Quel est l’objectif de ces recherches scientifiques ?

R : Concernant votre question, nous avons résenté plusieurs fois notre position et nos points de vue ces derniers temps. Je tiens à réitérer :

La Chine respecte pleinement les droits des Philippines sur le plateau continental de Benham. Il n’y a pas d’une remise en cause de leurs droits concernés. À la fin de l’année dernière, le bateau scientifique chinois concerné a bel et bien traversé les eaux au Nord-Est de l’île Luzon des Philippines. Et selon la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et d’autres instruments juridiques du droit international, les navires chinois jouissent de la liberté de navigation et du droit au passage inoffensif. Il est totalement infondé de dire que des navires chinois mènent des recherches scientifiques ou d’autres activités dans les eaux du plateau Benham

À l’heure actuelle, grâce aux efforts conjugués de part et d’autre, les relations Chine-Philippines connaissent un bon élan de développement, la coopération pragmatique progresse rapidement dans divers domaines et s’avère fructueuse. Cela est dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples et c’est ce que souhaitent les pays de la région et la plupart des pays épris de paix dans le monde.

Q : La situation sécuritaire semble très tendue au Xinjiang et il y a actuellement beaucoup de manœuvres antiterroristes. De plus en plus d’organisations étrangères des droits de l’homme accusent « la Chine d’opprimer les Ouïgours musulmans ». Y a-t-il des oppressions ? Le gouvernement chinois veut-il opprimer la croyance musulmane ?

R : Les organisations étrangères dont vous parlez, quelle que soit la nature prétendue, qu’il s’agisse des organisations des « droits de l’homme » et d’autres, s’expriment souvent sur la situation au Xinjiang. Quoi qu’elles disent, la réalité que nous constatons est que la population multiethnique au Xinjiang, tout comme la population multiethnique des autres régions chinoises, bénéficie de meilleures conditions de travail, de vie et d’un plus grand développement. L’harmonie et la stabilité qui règnent au Xinjiang ne sauraient être remise en cause, quoi qu’en disent les autres.

Bien sûr, si on veut créer la tension au Xinjiang, le gouvernement chinois est inébranlable dans sa détermination de préserver la stabilité sociale et le cadre de vie et de travail paisible au Xinjiang. Quant à la lutte antiterroriste, je peux vous dire qu’un principe majeur pour la Chine est que nous nous opposons à ce que l’on lie le terrorisme à une ethnie ou religion particulière. Tel est aussi un principe reconnu par tous dans la coopération antiterroriste internationale.

Q : Selon l’agence de presse KCNA, Air Koryo a ouvert une liaison directe Pyongyang-Dandong avec deux vols par semaine. Sachant que la Chine avait rejeté au début d’année la demande de la République de Corée d’opérer des liaisons aériennes directes avec la Chine, et ce rejet a été vu comme une mesure de rétorsion contre le déploiement du système THAAD en République de Corée. Maintenant que la Chine approuve la liaison directe Chine-RPDC, est-ce un signal particulier à la communauté internationale ?

R : Les relations Chine-RPDC sont des relations normales entre pays voisins et amis. Bien que nous nous opposions fermement au développement par la RPDC des armes nucléaires, il est incontestable de maintenir les relations interétatiques normales avec elle. Les parties concernées veulent lier cette affaire à d’autres éléments, mais pour moi, je n’y vois aucun lien.

S’agissant du système THAAD, nous avons réitéré à maintes reprises notre position. Le gouvernement et le peuple chinois sont fermes dans leur position de s’opposer au déploiement par les États-Unis du système antibalistique THAAD en République de Corée.

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