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Conférence de presse du 2 avril 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2020/04/02

CCTV : Le 31 mars, le Secrétaire général de l'ONU, M. Guterres, a publié un rapport intitulé Responsabilité partagée, solidarité mondiale : réagir aux impacts socio-économiques du COVID-19, déclarant que « l'épidémie du COVID-19 est la plus grande épreuve à laquelle nous faisons face ensemble depuis la fondation de l'ONU. Cette crise pour l'humanité exige une action politique coordonnée, énergique, inclusive et innovante des principales économies du monde, et un soutien financier et technique maximal pour les personnes et les pays les plus vulnérables. » Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons pris note du dernier rapport publié par le Secrétaire général de l'ONU. Nous saluons les efforts de l'ONU pour coordonner la lutte internationale contre la pandémie.

Depuis la survenue de l'épidémie de COVID-19, l'ONU, l'OMS et d'autres organisations internationales ont mobilisé la communauté internationale pour améliorer la coordination des politiques et l'apport de ressources, et en particulier pour aider les pays en développement aux systèmes de santé publique vulnérables à mieux se préparer à cet égard. Leurs efforts ont été largement soutenus par la communauté internationale. Lors du Sommet spécial des dirigeants du G20 sur le COVID-19 tenu tout récemment, toutes les parties ont convenu qu'aucun pays ne pouvait faire face seul à cette pandémie, et que la communauté internationale avait plus que jamais besoin de solidarité et de coopération.

Lors du sommet, le Président Xi Jinping a présenté une série de propositions à la communauté internationale pour qu'elle réagisse mieux à l'épidémie en faisant preuve de la solidarité, notamment l'initiative consistant à tenir dans les meilleurs délais la conférence des Ministres de la Santé du G20, le renforcement du partage des informations relatives à la prévention et au contrôle de l'épidémie en s'appuyant sur l'OMS, la coopération internationale fondée sur le mécanisme synergique de prévention et de contrôle, l'exploration de la mise en place d'un mécanisme régional de liaison pour les urgences de santé publique. Il a appelé les membres du G20 à prendre des mesures communes pour réduire les tarifs, supprimer les barrières commerciales, faciliter les échanges commerciaux et émettre des signes forts pour remonter la confiance dans la reprise économique mondiale.

La propagation du COVID-19 est préoccupante. Comme l'a dit le Secrétaire général Guterres, la pandémie de COVID-19 serait la plus grande épreuve et le plus grand risque auxquels est confrontée notre génération. Face à cette crise sanitaire publique mondiale, la communauté internationale doit travailler ensemble en faisant preuve de solidarité pour la surmonter. Nous espérons que les différentes parties répondront à l'appel du Secrétaire général et soutiendront les efforts de l'ONU et de l'OMS pour remporter la victoire contre le virus dans les meilleurs délais.

Bloomberg : Aujourd'hui, un reportage a cité trois responsables des renseignements américains selon lesquels la Chine a dissimulé l'ampleur de l'épidémie, fraudé sur le nombre total de cas confirmés et de décès. Deux responsables américains ont déclaré que les statistiques publiées par la Chine étaient fausses. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : En tant que journaliste de Bloomberg, vous devez être très au clair sur le point de vue des médias américains sur la réaction de l'administration américaine à l'épidémie dans le pays. Je suis sûre que vous avez déjà une réponse en tête quand vous m'avez posé la question. Vous voulez simplement la faire confirmer.

J'ai noté le reportage évoqué par vous-même et ceux publiés par plusieurs médias américains sur les remarques tenues par le Vice-Président américain Pence et le Secrétaire d'État Pompeo le 1er avril, affirmant que la Chine a cherché à dissimuler des informations sur l'épidémie, et qu'elle avait commencé à faire face à l'épidémie dès décembre 2019, soit un mois avant que le monde en soit informé.

Quant à savoir si la Chine en a informé la communauté internationale de manière ouverte, transparente et responsable et en temps opportun, mes collègues et moi-même avons présenté les détails à plusieurs reprises. D'après les informations publiées chaque jour par les départements compétents chinois, tout le monde devrait en tirer une conclusion très claire. En ce qui concerne la sécurité sanitaire publique internationale et d'autres questions, les arbitres les plus qualifiés sont l'OMS et les experts dans le domaine des maladies infectieuses ou de la prévention et du contrôle des maladies, et non pas quelques politiciens qui sont des menteurs coutumiers du fait. En réalité, hier encore, un haut responsable de l'OMS a réfuté à nouveau les accusations injustifiées sur les « données non transparentes de la Chine » lors d'une conférence de presse à Genève. Nous adressons nos sentiments de compassion aux États-Unis, où la situation épidémique est très grave à l'heure actuelle. Et je peux imaginer pourquoi certains individus aux États-Unis ont hâte de rejeter la responsabilité sur autrui. Nous ne voulons pas entrer dans une dispute absurde avec eux, mais face à la stigmatisation répétée de ces gens qui n'ont plus de seuil de tolérance sur le plan moral, je n'ai pas d'autre choix que de prendre du temps pour énumérer les faits réels devant vous.

Il est vrai que Wuhan a été l'endroit où des cas d'infection par le COVID-19 ont été signalés le plus tôt. Mais où et quand exactement ce virus est-il apparu ? Nous avons noté de nombreux reportages et découvertes à ce sujet. Des articles ont été rédigés par des experts d'Italie, du Royaume-Uni, des États-Unis et d'Australie, et publiés dans Nature Medicine, la revue académique internationale de haut niveau. Concernant la source du virus, la position du gouvernement chinois est constante. C'est une question très sérieuse qui nécessite une évaluation scientifique, factuelle et professionnelle faite par des experts. Des experts de diverses parties ont exprimé des opinions. Les différentes parties, y compris ces individus aux États-Unis, doivent accorder une haute attention et du respect à ces points de vue scientifiques, faisant autorité et professionnels. La Chine a invité un groupe mixte d'experts de l'OMS à mener une mission d'études à Wuhan. Étant donné que ces individus aux États-Unis sont toujours si obsédés par cette question, pourquoi ne recommanderions-nous pas aux États-Unis d'inviter l'OMS ou un groupe mixte international d'experts à se rendre aux États-Unis pour une enquête approfondie pour trouver la vérité le plus tôt possible ?

L'ordre chronologique de la gestion de l'épidémie par la Chine est très clair, et tout le monde peut le voir dans les reportages rendus publics. Le 27 décembre 2019, Zhang Jixian, directrice du département des maladies respiratoires et des soins intensifs de l'Hôpital provincial du Hubei de médecine traditionnelle chinoise et occidentale intégrée, a signalé pour la première fois trois cas suspects qu'elle avait traités. Le 29, les CDC du Hubei et de Wuhan, ainsi que des hôpitaux concernés, ont lancé une enquête épidémiologique. Le 30, la Commission de la Santé de Wuhan a publié l'Avis urgent sur le traitement judicieux des pneumonies de cause inconnue. Le 31 décembre, la Commission nationale de la Santé a envoyé un groupe d'experts à Wuhan pour enquêter sur place. Le 3 janvier 2020, la Chine a commencé à faire parvenir officiellement et en temps opportun des mises à jour à l'OMS et à d'autres pays, y compris les États-Unis. Le 8 janvier, l'agent pathogène a été identifié de façon préliminaire. Le 11 janvier, le CDC de Chine a mis en ligne cinq séquences du génome entier du nouveau coronavirus sur un site web, partageant les données avec le monde entier et l'OMS. Le 23 janvier, le gouvernement chinois a pris des mesures complètes, strictes et rigoureuses sans précédent, y compris la fermeture des canaux permettant de quitter la ville de Wuhan. En prenant ces mesures décisives, énergiques et vigoureuses, le gouvernement chinois a assuré au maximum la vie, la sécurité et la santé du peuple chinois et a fait gagner un temps précieux pour maîtriser la propagation mondiale du virus. Comme je l'ai dit hier, la revue Science a publié une étude conjointe de chercheurs anglais, américains et d'autres pays, disant que les mesures de contrôle de la Chine ont réussi à briser la chaîne de transmission du virus et à faire gagner un temps précieux aux autres pays. Récemment, le Dr Fauci, l'expert médical en chef de la Maison-Blanche en charge de contenir l'épidémie, a déclaré qu'il refusait de dire, comme certains Américains le lui avaient demandé, que la Chine aurait dû informer les États-Unis de la situation épidémique trois mois plus tôt, car cela ne correspond pas à la réalité. Le rédacteur en chef du Lancet a déclaré à la BBC que « le message transmis par la Chine est très clair [...] mais nous avons gaspillé tout le mois de février alors que nous aurions pu agir [...]. C'est un scandale national. »

La Chine a fait de son mieux pour être ouverte, transparente et responsable. Alors, les quelques Américains qui accusent la Chine peuvent-ils dire au monde que, si l'épidémie avait frappé les États-Unis en premier, ils auraient mieux géré la situation que la Chine ? Si leur réponse est oui, qu'ils expliquent ce que les États-Unis ont fait pendant plus de deux mois à compter du 15 janvier, le jour où le CDC américain a émis des avertissements sur la pneumonie au nouveau coronavirus, du 25 janvier, le jour où les États-Unis ont annoncé la fermeture de leur consulat à Wuhan et le retrait de leur personnel, et du 2 février, le jour où les États-Unis ont interdit l'entrée de tous les ressortissants chinois et des étrangers qui étaient allés en Chine depuis 14 jours. Selon un reportage du New York Times du 11 mars, la Dr Helen Y. Chu, une lanceuse d'alerte aux États-Unis, a sonné l'alarme sur l'épidémie aux États-Unis en janvier et a communiqué les résultats de tests aux départements de contrôle américains en février. Mais elle a été obligée de garder le silence et d'arrêter de faire des tests. Les États-Unis peuvent-ils donner une explication à ce sujet ? Pourquoi la Maison-Blanche a-t-elle demandé, fin février, aux responsables et aux experts de la santé d'obtenir l'approbation du bureau du Vice-Président Pence avant de faire des déclarations publiques sur l'épidémie ? Pourquoi le CDC américain a-t-il cessé de publier des données sur les tests et les décès le 2 mars ? Pourquoi le Dr McCarthy du New York-Presbyterian Hospital a-t-il déclaré, le 2 mars, lors d'une émission de CNBC, que son hôpital devait supplier les autorités sanitaires de pouvoir faire des tests pour les cas suspects ? Nous avons noté que bon nombre de médias américains appellent les responsables américains à cesser de chercher des excuses et des boucs émissaires pour leur mauvaise réaction.

Nous comprenons que les États-Unis font face à des difficultés et que des responsables américains sont sous pression, et nous avons beaucoup de compassion pour la population américaine qui souffre de la pandémie. Dans un esprit humanitaire, nous entendons apporter soutien et aide dans la mesure de nos capacités aux États-Unis. Cependant, les propos et les actes de ces quelques politiciens américains sont vraiment ignobles et répugnants. Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, les calomnies, les noircissements et le rejet des responsabilités ne peuvent pas compenser le temps perdu. Continuer de mentir ne conduira qu'à perdre plus de temps et de vies. Je donne un conseil sincère à ces politiciens : en ce moment, tout homme politique doit placer la vie de la population avant la politique. Il est immoral et inhumain de politiser la vie et la santé de la population, ce qui devrait être condamné par les peuples du monde entier, y compris le peuple américain. Je propose à ces politiciens de réajuster la priorité et l'orientation de leur travail, et de consacrer toute leur énergie à la lutte contre la pandémie et à la préservation de la vie et de la santé des Américains.

Je vois que vous acquiescez d'un signe de tête. Je pense que nous partageons le même point de vue. J'espère que vous pourrez faire passer mon message auprès de la population américaine, y compris des quelques individus qui ne cessent de dénigrer et de salir la Chine. Je vous remercie.

AFP : Certains pays ajustent leurs données officielles de décès liés au COVID-19, ce qui donne une augmentation par rapport aux chiffres publiés précédemment. Par exemple, la France a récemment inclus dans ses communiqués le nombre de personnes qui n'étaient pas décédées dans les hôpitaux. La Chine fera-t-elle le même ajustement ?

Hua Chunying : Vous avez posé la question de façon très subtile, mais je comprends ce que vous voulez dire. D'autres pays peuvent ajuster les chiffres, c'est leurs affaires. Comme nous l'avons dit, le gouvernement chinois publie les statistiques tous les jours dans un esprit ouvert, transparent et hautement responsable, et en temps opportun. Hier, lors d'une conférence de presse à Genève, le chef de projet d'urgence de l'OMS a de nouveau déclaré que les données que la Chine partageait avec l'organisation en temps opportun étaient d'une grande valeur.

Shenzhen TV : Selon des reportages, des responsables de plusieurs départements américains envisagent de prendre de nouvelles mesures restrictives à l'encontre de Huawei, ce qui obligera les entreprises étrangères utilisant des équipements de fabrication de puces américains à obtenir une approbation avant de fournir des puces à Huawei. La Chine en est-elle au courant et quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Je ne sais pas quelles nouvelles restrictions l'administration américaine projette d'imposer à Huawei, et ce qu'elle envisage de faire ; vous auriez dû poser la question à la partie américaine. Cependant, j'ai remarqué que, récemment, M. Xu Zhijun, qui assume la présidence tournante du conseil d'administration de Huawei, a en fait exprimé sa position à ce sujet. Je pense qu'il a posé une question rhétorique très forte et raisonnable.

Le gouvernement chinois adopte une position constante. Nous nous opposons résolument à l'utilisation du pouvoir d'État par les États-Unis pour réprimer sans motif des entreprises chinoises spécifiques. Le gouvernement chinois ne restera jamais les bras croisés devant les actes américains d'intimidation sur le plan technologique.

CRI : La Chine a envoyé un groupe d'experts médicaux au Venezuela pour aider le pays à lutter contre le COVID-19. Il s'agit du premier et du seul groupe d'experts médicaux envoyé par la Chine jusqu'à présent dans la région d'Amérique latine et des Caraïbes. Pouvez-vous confirmer cela ?

Hua Chunying : Ce que vous dites est vrai. Depuis l'épidémie, fidèle à l'idée de construction d'une communauté de destin pour l'humanité, la Chine a organisé des vidéoconférences, fourni des matériels de prévention et de contrôle et facilité les achats commerciaux pour aider les pays d'Amérique latine et des Caraïbes à lutter contre le COVID-19 et protéger la vie et la santé des peuples de la Chine et de l'Amérique latine.

À la demande du gouvernement vénézuélien et en tenant compte des difficultés et des besoins du pays, la Chine a récemment envoyé un groupe d'experts médicaux au Venezuela. Les experts chinois aideront la partie vénézuélienne à améliorer les mesures de contrôle de l'épidémie et le traitement de la maladie, et apporteront une contribution active à la lutte contre l'épidémie au Venezuela et dans la région d'Amérique latine et des Caraïbes.

China Daily : Selon des médias des Pays-Bas, de la Belgique et d'autres pays européens, des masques achetés en Chine ne répondent pas aux normes de qualité de leurs pays. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J'ai déjà répondu il y a quelques jours aux questions sur la qualité des masques chinois, posées par les médias néerlandais. Selon l'enquête préliminaire menée par les départements compétents chinois, le lot de masques en question a été acheté par un agent commercial néerlandais, et le fabricant chinois avait informé la partie néerlandaise, avant d'expédier ces produits, qu'il s'agissait de masques non chirurgicaux. Les procédures de dédouanement à l'exportation ont été faites au titre de « masques non chirurgicaux ».

Dans le contexte de la lutte mondiale contre la pandémie, les entreprises chinoises concernées, en se mettant à la place des pays dans un besoin urgent, tournent à plein régime et travaillent jour et nuit pour fabriquer des matériels médicaux qu'elles fournissent à la communauté internationale.

La Chine attache toujours une grande importance au contrôle de la qualité des exportations. Les départements concernés viennent d'annoncer des mesures réglementaires plus rigoureuses, demandant aux entreprises d'exportation de matériels médicaux de déclarer obligatoirement, par écrit ou par voie électronique, lors du dédouanement, que leurs produits ont un certificat d'enregistrement valide pour les dispositifs et produits médicaux en Chine et répondent aux normes de qualité des pays ou régions destinataires.

Nous savons tous que des masques de catégories différentes offrent une protection de niveaux différents. Certains sont destinés à un usage quotidien, et d'autres à des fins professionnelles et médicales. En ce moment, tous les pays ont un besoin urgent de matériels médicaux, y compris des masques. Nous voulons rappeler à tout le monde de vérifier attentivement les instructions d'utilisation pour s'assurer que ce qu'ils achètent répond à leur usage et éviter de se tromper en se précipitant, comme l'utilisation des masques non chirurgicaux à des fins chirurgicales. Il est irresponsable de la part de certains médias de faire du tapage médiatique autour du soi-disant problème de qualité de produits chinois avant de clarifier les faits. J'espère qu'ils ne sont pas motivés par des fins inavouées, car évidemment un tel tapage médiatique n'aide pas à la coopération internationale dans la lutte contre la pandémie.

Phoenix TV : Ces derniers jours, il y a eu plusieurs cas concernant des étrangers qui ne respectent pas les mesures de prévention et de contrôle telles que le confinement à la maison, des lynchages de personnel soignant ou des conflits avec les résidents locaux dans des lieux de quarantaine. Il y a aussi des cas où les gouvernements locaux accordent à des étrangers un traitement supranational présumé, ce qui a été mis en doute par les internautes. Quel est le commentaire du Ministère chinois des Affaires étrangères à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons également remarqué certains reportages sur Internet à ce sujet, et franchement, je me sens triste à la lecture de tels reportages.

Hier, j'ai répondu à une question pour savoir si les étrangers font l'objet de discrimination en Chine ; aujourd'hui, vous mentionnez des cas de non-respect des réglementations chinoises par des étrangers. Je pense que les deux questions doivent attirer une grande attention. La Chine attache toujours une grande importance à la sécurité et à la santé des ressortissants étrangers en Chine. Depuis le début de l'épidémie, nous leur avons offert de l'assistance pour faire face à l'épidémie et mener une vie aussi normale que possible. Les citoyens étrangers qui ont contracté le COVID-19 en Chine sont traités sur un pied d'égalité avec les patients chinois. Dans le même temps, tous les étrangers en Chine doivent respecter strictement la Loi de la République populaire de Chine sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses, et les réglementations locales en la matière, car ces réglementations visent à protéger la vie et la santé de tous les citoyens chinois et de tous les étrangers en Chine. Les citoyens chinois et les étrangers en Chine sont traités sur un pied d'égalité selon ces mesures et réglementations. Les étrangers qui défient les mesures de prévention des épidémies et perturbent l'ordre public, mettant ainsi en danger la santé et la sécurité publiques, seront poursuivis pour leur responsabilité juridique.

Reuters : Premièrement, un membre du Congrès américain a demandé au Département d'État américain d'exhorter la Chine à enquêter sur la disparition de trois journalistes citoyens chinois qui ont tenté de révéler les conséquences de l'épidémie à Wuhan. Deuxièmement, l'administration Trump adoptera des mesures plus rigoureuses pour empêcher la Chine d'obtenir des technologies avancées américaines à des fins commerciales, qui seront ensuite détournées à des fins militaires. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Concernant votre première question, franchement, je suis vraiment confuse, car je ne sais pas ce que ces membres du Congrès américain ont fait réellement pour le peuple américain dont les votes les ont mis au pouvoir, en particulier face à cette pandémie. Ils prêtent toujours une attention particulière à ce qui se passe dans d'autres pays, puis font des critiques vicieuses basées sur des informations complètement fausses, déformées et fabriquées de toutes pièces. S'agissant des trois personnes disparues, je ne comprends pas de quoi ces membres du Congrès américain parlent. Je sais que certaines personnes aux États-Unis peuvent avoir des inquiétudes quant à la façon dont les informations ont été diffusées au tout début de l'épidémie à Wuhan. Mais les départements concernés chinois ont déjà mené des enquêtes approfondies et en ont publié les résultats. Le peuple chinois fait pleinement confiance au PCC et au gouvernement chinois. Pourquoi certains membres du Congrès américain pensent-ils être en mesure de mettre en doute alors qu'ils n'ont aucune preuve ? Au lieu de consacrer de l'énergie à s'occuper de ces questions, ils devraient passer plus de temps à exhorter leur gouvernement et à faire plus de choses pragmatiques pour les habitants de leurs propres circonscriptions, et faire de leur mieux pour protéger la vie et la sécurité de la population américaine. C'est mon conseil pour eux, ils ont fait trop de bruit récemment. Plus ils font ce genre de bruit, plus ils dégraderont l'image des États-Unis dans le monde, en particulier aux yeux du peuple chinois.

Quant à votre deuxième question, il s'agit d'une pratique internationale courante consistant à promouvoir le développement intégré des secteurs militaire et civil. Les États-Unis ne font pas exception. D'après ce que je sais, le Département américain de la Défense et l'armée américaine mènent divers projets de coopération avec des universités américaines, des institutions de R&D et des entreprises. Certaines multinationales américaines représentent en elles-mêmes la « fusion militaro-civile », car leurs opérations commerciales et leurs produits couvrent les deux côtés. La politique d'intégration militaire et civile de la Chine vise à mobiliser efficacement les ressources militaires, à coordonner le développement économique et social avec le développement de la défense nationale et à faire bénéficier le public des progrès scientifiques et technologiques. Cette politique est tout à fait ouverte et honnête et les problèmes comme le « vol » ou le « détournement » de technologie étrangère n'existent pas. Dans cette lutte contre le COVID-19, le monde extérieur voit bien que la Chine est en fait en avance sur les États-Unis dans certains domaines. Nous avons utilisé des choses que les États-Unis n'ont même pas. Comment les États-Unis pourraient-ils nous accuser de leur avoir volé des choses qu'ils n'ont même pas ? Certains responsables américains ont déformé la politique d'intégration militaire et civile de la Chine au mépris des faits, et cherchent à imposer un embargo technologique contre la Chine sous ce prétexte, perturbant et entravant ainsi la coopération économique, commerciale et technologique normale entre la Chine et d'autres pays. Cette pratique, résultat de la mentalité de la guerre froide, contrevient à l'esprit de coopération internationale et à la tendance de notre époque. Elle porte atteinte aux intérêts de la Chine, des États-Unis et aux intérêts communs de tous les pays du monde.

La Chine exhorte les États-Unis à adopter une attitude responsable, à arrêter leurs accusations et calomnies malveillantes, à adopter une vision objective de la politique d'intégration militaire et civile de la Chine et à agir davantage pour promouvoir les relations sino-américaines et la coopération internationale.

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