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Des liens faits pour durer
2018/11/01
   
   Au cours de leurs relations diplomatiques qui remontent à 60ans, la Chine et le Maroc ont réalisé de grands progrès dans leurs échanges bilatéraux et coopération, et ce, dans divers domaines. Alors que l'on célébrait l'anniversaire de ces liens le 1er novembre dernier, CHINAFRIQUE s'est entretenu avec M. Li Li, ambassadeur de Chine au Maroc, pour connaître son point de vue sur le rôle de l'initiative « la Ceinture et la Route », les investissements et les échanges humains entre les deux pays. Une version éditée de cette entrevue suit.
   CHINAFRIQUE :Cette année marque le 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Maroc. Quels sont les faits saillants des relations entre les deux pays ?
   Li Li : Au cours des six dernières décennies, les relations sino-marocaines ont connu un développement stable avec une coopération bilatérale couvrant divers domaines. Les deux pays se soutiennent et s'entraident, ce qui donne une impulsion importante à leur développement mutuel. Par exemple, le Maroc a fortement soutenu la Chine dans le processus de reprise de son siège légal aux Nations unies en 1971 ; la Chine a envoyé sa première équipe médicale au Maroc en 1975 ; et le premier Institut Confucius du Maroc a été créé à l'Université Mohammed V en 2009.
   Les échanges Chine-Maroc ont atteint de nouveaux sommets ces dernières années. En mai 2016, Mohammed VI, le roi du Maroc, a effectué une visite d'État en Chine à l'invitation du Président chinois Xi Jinping. Les deux dirigeants ont signé une déclaration commune sur l'établissement d'un partenariat stratégique, une étape importante dans les relations bilatérales des deux pays. Une autre réalisation de cette visite a été que le Maroc accorde aux ressortissants chinois une exemption de visa à partir de juin 2016. À cet égard, le Maroc a donné un bon exemple et un certain nombre de pays africains, dont la Tunisie, ont fait de même.
   L'année 2018 est une année importante pour les deux pays, alors que les échanges bilatéraux continuent de croire à différents niveaux. La coopération entre la Chine et le Maroc dans le cadre du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) et du Forum sur la Coopération sino-arabe (FCSA) est remarquable. En juillet, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, s'est rendu en Chine pour la huitième réunion ministérielle de la FCSA ; deux mois plus tard, le chef du gouvernement marocain, Saad Eddine El Otmani, est venu en Chine pour le Sommet de Beijing du FOCAC, durant lequel il a discuté des perspectives de coopération bilatérale, de l'alignement des stratégies de développement ainsi que de la promotion conjointe du développement régional et de la construction de la communauté de destin pour l'humanité. À l'avenir, je pense que les relations sino-marocaines entreront dans un nouveau chapitre et passeront à un niveau supérieur.
 
   En novembre 2017, la Chine et le Maroc ont signé un mémorandum d'entente sur « la Ceinture et la Route ». Quels résultats ont été obtenus et quels sont les projets futurs à cet égard ?
   Avec la signature de ce mémorandum d'entente, le Maroc est devenu le premier pays du Maghreb à participer à cette initiative. L'amitié sino-marocaine le long de « la Ceinture et la Route » remonte à plusieurs siècles, faisant du Maroc un partenaire coopératif naturel de la Chine en la matière. L'alignement de l'initiative chinoise « la Ceinture et la Route » et des stratégies de développement du Maroc peut aider à mieux organiser les objectifs et les plans de coopération des deux pays et à renforcer la coopération pragmatique dans des domaines tels que les infrastructures, les investissements, les ports, la logistique, le tourisme et les énergies renouvelables.
   En outre, le Sommet de Beijing du FOCAC a placé l'alignement sino-africain dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route » au centre de ses préoccupations. La Chine et le Maroc exploreront activement un nouveau modèle de coopération tripartite entre la Chine, le Maroc et l'Afrique afin de donner tout son sens au rôle important du Maroc dans la région. Des efforts seront faits pour donner un exemple de coopération Sud-Sud.
  
   Quel est l'état actuel des investissements chinois au Maroc ? Quels secteurs devraient être renforcés en termes de coopération économique bilatérale ?
   La Chine est le troisième partenaire commercial du Maroc. En 2017, les échanges bilatéraux ont atteint 3,83 milliards de dollars, soit une augmentation de 5,3 % en glissement annuel. Les investissements chinois au Maroc montrent aussi une tendance à la hausse. Fin juillet, la société chinoise CITIC Dicastal Co. Ltd. a signé un accord avec le gouvernement marocain sur un projet de production de moyeux de roues, avec un investissement de 350 millions d'euros (405 millions de dollars), le plus important investissement chinois au Maroc ces dernières années.
   Outre la coopération dans les domaines traditionnels, la Chine et le Maroc mettent également l'accent sur des industries émergentes dans des domaines tels que les ports, les chemins de fer à grande vitesse, les zones industrielles, la finance, les nouvelles énergies et la 5G. Un nombre croissant d'entreprises chinoises de haute technologie viennent investir au Maroc. Je crois que la coopération bilatérale dans ces industries donnera un nouvel élan à nos relations bilatérales.
 
   Quelles ont été les réalisations et comment voyez-vous le rôle des échanges culturels Chine-Maroc au cours des dernières années ?
   L'amitié entre les peuples est le fondement des relations d'État à État et les échanges culturels ont toujours été un point fort de nos relations bilatérales. L'une des priorités de notre ambassade est de promouvoir les échanges interpersonnels entre la Chine et le Maroc afin d'améliorer la compréhension mutuelle. En mars 2017, l'Institut Confucius de l'Université Abdelmalek Essaâdi a été inauguré, faisant du Maroc le seul pays arabe avec trois instituts Confucius. En outre, le Centre culturel chinois devrait être achevé d'ici la fin de l'année, ce qui favorisera les échanges culturels.
   Après que le Maroca exempté les touristes chinois de l'obligation de visa, leur nombre a augmenté de façon spectaculaire, atteignant 120 000 en 2017. Cette année, on s'attend à ce qu'il y en ait plus de 200 000. Un nombre croissant de Marocains sont enthousiastes à l'idée d'apprendre la langue chinoise et on peut souvent entendre les gens du pays nous saluer en chinois dans la rue. Ces échanges interpersonnels fréquents ont enraciné l'amitié entre les peuples des deux pays.
  
   Que fera l'ambassade de Chine pour contribuer à l'approfondissement du partenariat stratégique Chine-Maroc ?
   Actuellement, la Chine poursuit son ouverture et encourage activement ses entreprises à « sortirdu pays ». Le Maroc, pour sa part, accélère sa restructuration industrielle en recherchant activement les investissements étrangers. La Chine dispose d'avantages en termes de capitaux et de technologie, tandis que le Maroc dispose d'un environnement politique stable, d'une infrastructure de soutien complète et d'une position géographique reliant l'Afrique et l'Europe. L'initiative « la Ceinture et la Route » de la Chine peut bien s'aligner sur le Plan d'accélération industrielle 2014-2020 du Maroc. Depuis des années, les deux pays mettent pleinement en valeur leurs avantages et ont obtenu d'abondants résultats dans des domaines tels que la pêche, la transformation du plastique, les pièces automobiles et les infrastructures.
   À l'avenir, l'ambassade de Chine au Maroc s'engagera à promouvoir les échanges bilatéraux à différents niveaux afin de stimuler l'approfondissement constant des relations, d'aider les entreprises chinoises compétentes à participer à la construction de grandes infrastructures et de promouvoir une coopération pragmatique Chine-Maroc dans divers domaines. En même temps, nous renforcerons la coordination et la collaboration dans les affaires internationales afin de sauvegarder les intérêts communs de nos deux pays et ceux des pays en développement.
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